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À Montpellier, Eric Baccino alerte sur la peur des représailles

Adrien Vincent 2 min de lecture
À Montpellier, Eric Baccino alerte sur la peur des représailles

À Montpellier, le professeur Eric Baccino alerte sur une souffrance qu’il observe chez des victimes d’agressions et de violences conjugales : la peur des représailles, y compris après la condamnation de leur agresseur.

Ancien responsable du service de médecine légale de Montpellier, désormais retraité, il a ouvert un cabinet d’expertise médico-légale dans la ville. Il y évalue les préjudices subis lors d’agressions ou d’accidents. Selon son évaluation menée sur une soixantaine d’expertises réalisées depuis quatre ans, cette peur apparaît chez près de 15 à 20 % des victimes d’agressions.

Les violences conjugales au premier plan

Pour Eric Baccino, les violences conjugales représentent près de la moitié des situations concernées. Des femmes continuent de se sentir surveillées ou menacées, notamment lorsque leur agresseur n’est plus détenu. Les téléphones et les réseaux sociaux peuvent entretenir ce sentiment de menace, explique-t-il.

Le médecin légiste estime que cette crainte s’ajoute aux traumatismes déjà subis. Il rapporte avoir constaté une progression des manifestations de stress post-traumatique chez ses patients, avec notamment des reviviscences, de l’évitement ou de l’hypervigilance.

Une réflexion sur la protection des victimes

Ce mercredi, son constat intervient dans un contexte de hausse des violences enregistrées en France. Sur les douze mois arrêtés au 30 juin 2026, les violences physiques intrafamiliales ont augmenté de 7 %, tout comme celles commises hors du cadre familial, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur publiées le 30 septembre.

Eric Baccino souligne l’organisation de la prise en charge urgente des victimes, avec l’intervention rapide et gratuite de médecins légistes, psychologues et urgentistes. Il appelle aussi à mieux prendre en compte, après les procédures judiciaires, la peur persistante de certaines victimes.

Il propose d’ouvrir une réflexion sur l’indemnisation de cette souffrance psychologique. Il évoque également la possibilité de faciliter un changement d’identité pour des femmes confrontées à un danger particulièrement élevé malgré une mesure d’éloignement visant leur conjoint.

Source : midilibre.fr

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