Procès de Robert Ménard : le maire de Béziers face à la justice à Montpellier
Une affaire sous haute tension
Le tribunal judiciaire de Montpellier accueille, ce mercredi 30 septembre, le procès de Robert Ménard. Le maire divers droite de Béziers est poursuivi pour avoir refusé de célébrer une union civile le 7 juillet 2023. À l’époque, l’élu s’était opposé au mariage entre Eva M., citoyenne française, et Mustapha B., un ressortissant algérien alors sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Selon 20minutes.fr, le parquet avait pourtant autorisé ce mariage, ne constatant aucune incohérence après les auditions séparées des deux époux. L’officier d’état civil avait alors rappelé que l’union matrimoniale est un droit fondamental. Peu après ce refus, Mustapha B. avait fait l’objet d’une mesure d’expulsion vers l’Algérie. Le couple a finalement pu se marier cet été, sur le territoire algérien.
Des enjeux juridiques et politiques
Robert Ménard encourt une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’inéligibilité, assortie d’une amende de 75 000 euros et d’une peine de prison. Déjà convoqué en février 2025, l’élu avait refusé la procédure de « plaider-coupable », menant ainsi l’affaire devant le tribunal correctionnel. Dans le cadre de sa défense, il a fait citer plusieurs personnalités politiques, dont l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, dont la présence est attendue ce jour au tribunal.
L’avocate du couple, Vanessa Edberg, a souligné les conséquences humaines de ce refus pour ses clients, contraints à une longue séparation. Parallèlement à ce dossier, Robert Ménard est également visé par une plainte en diffamation publique déposée par Mustapha B., à la suite de déclarations inexactes tenues par le maire sur un plateau de télévision concernant le passé judiciaire de l’intéressé.
Cette affaire relance le débat sur les obligations des maires face aux personnes en situation irrégulière, un sujet qualifié en 2025 d’« ubuesque » par le président Emmanuel Macron. Une proposition de loi visant à interdire ces mariages est actuellement examinée par la commission des lois de l’Assemblée nationale.
Source : 20minutes.fr



